Négociations ? Permanence des
soins à la CNAM :
un pas de plus vers la catastrophe démographique pour
les médecins libéraux
Alors même que les
médecins libéraux tentent, depuis plus de 2 ans, d’organiser une
permanence des soins durable, incitative, basée sur le volontariat dans
un contexte de surcharge de travail et de déficit démographique
inquiétant, la CNAM décide de leur couper l’herbe sous le pied, en les
aguichant par des honoraires d’astreintes qu’ils ne toucheront jamais
puisque déductibles des premiers actes majorés et effectués,
Quelle est cette
logique qui reconnaît la pénibilité des actes
nocturnes, majorant les honoraires, et, dans le même temps, diminue
le montant de l’astreinte empêchant tout repos compensateur après une
nuit blanche ?
C’est justement quand
le nombre d’actes augmente que l’astreinte se justifie plus encore !
Quel médecin voudra s’installer dans les zones déficitaires, sachant ce qui l’attend ?
Quel médecin pour quels patients ?
Quelle règle de déontologie médicale ?
Qui peut avaliser une telle duperie ?
La CNAM réalise dans le
même temps une opération blanche sur le dos des patients culpabilisés et
des médecins auxquels on refuse la plus élémentaire des reconnaissances
et des lois en matière de droit du travail !!
Communiqué de JC Régi,
Président de la FMF
Depuis de longs mois, le
dossier de la permanence des soins est au coeur des préoccupations des
médecins.
De haute lutte, ils ont obtenu que la PDS, devenue mission d'intérêt
général, soit basée sur le volontariat.
Dès lors, s'imposait le fait de mettre en avant la notion d'astreinte,
qui, pour être incitative, se devait d'être valorisée de manière
conséquente.
Le dispositif, basé sur une réorganisation globale du système avec une
authentique régulation, a pour but de faire diminuer le nombre d'actes.
Quel est le résultat de cette négociation ?
On procède à une expérimentation uniquement dans certains départements.
Au lieu de proposer une revalorisation significative du forfait
d'astreinte, on propose un mécanisme, prototype de ce que peut être une
médecine administrée, qui consiste d'une manière totalement illogique, à
augmenter la valeur des actes dont on veut voir le nombre diminuer.
En effet, l'astreinte dont le montant est à peine revalorisé, fond comme
neige au soleil en fonction du nombre d'actes effectués, pour se situer
à la hauteur de 10 € à partir du troisième acte, pour la tranche horaire
20 heures-minuit. En aucun cas, elle ne permet de pallier le manque de
recettes lié au repos compensateur nécessaire à la qualité des soins, et
n'offre aucune attractivité.
Quelle victoire pour la promotion du volontariat et la reconnaissance de
la pénibilité de l'activité de garde.
Ceci couplé au problème démographique, il ne fait aucun doute que l'on
apporte aujourd'hui une réponse inverse au but recherché et de nature à
accentuer la désertification en milieu rural.
Quant à la permanence des soins des spécialistes dans les
établissements, les caisses bottent une nouvelle fois en touche et
repoussent la négociation à une date ultérieure.
La montagne vient d'accoucher d'une souris, et il faudra assurément plus
que cela pour répondre à l'attente légitime des médecins et renouer avec
la confiance.
Fidèle à ses valeurs, en
contact permanent avec les médecins de terrain, la FMF a su faire dans
ce dossier des propositions réalistes et adaptées aux réalités de
l'exercice professionnel actuel.
Afin de vous faire entendre, rejoignez au plus vite les départements FMF majoritaires.
Notre représentativité en dépend et ne pourra plus être contestée !
Ne laissez pas la voix de la base se faire étouffer par une CNAM au
pouvoir démesuré et à la stratégie dénuée de bon sens !
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