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(négociation
mercredi 15 décembre 2004).
Monsieur le directeur,
Au stade actuel des discussions, la FMF souhaite faire part
solennellement de son inquiétude.
A la lecture du projet actuel remis par l’UNCAM, il apparaît qu’un
certain nombre de points actés ne correspondent pas aux attentes
légitimes des médecins de même qu’il est curieux que des accords aussi
importants que celui des chirurgiens du mois d’août et d’autres points
ne figurent pas dans ce texte parvenu à une complexité telle que
l’esprit de la loi en est oublié. La profession médicale s’ en trouve
balkanisée à un point sans doute insupportable et sûrement jamais
atteint jusqu’alors.
I. CONCERNANT
LES POINTS ACTÉS TOUT D’ABORD
1 Le parcours de soins.
Il avait pour objet de rationaliser les comportements des patients tout
en répondant à des demandes sociales spécifiques.
La rémunération de
l’activité médicale devait être en rapport avec les exigences de qualité
inscrite dans la loi sous la forme d’une obligation d’évaluation à
laquelle nous avons tous souscrit.
Mais revenons à
l’esprit de la loi ; le parcours coordonné doit être une prime à la
vertu, nous pouvons l’admettre. C’est sur cet argument qu’une majoration
de médecin correspondant de 4 euro est proposée aux spécialistes entrant
dans le parcours.
Qu’en est-il pour le
généraliste choisi comme médecin traitant sensé être le pivot de ce
système, qui ne bénéficie, ni de la majoration de coordination de 4
euro, ni de revalorisation du C, ni même de revalorisations d’actes
techniques s’inscrivant dans une démarche de prévention, de dépistage,
de qualité, selon les bonnes pratiques qu’il est prêt à assurer comme
par exemple la réalisation de frottis vaginaux ou des IVG
médicamenteuses ?
La mise en œuvre de ce parcours pour le rendre efficient et fonctionnel
est chronophage pour les médecins et cette majoration de coordination
reportée au 01-07-2005 est aussi pour nous une interrogation.
De même qu’en est-il de
la rémunération de la gestion du Dossier Médical Personnel,
qui a disparu de nos discussions, alors qu’un DMP utile et ergonomique
est un élément central de la réussite de cette réforme ?
La place faite aux
médecins en Secteur II dans le parcours de soins ressemble quant à elle
à une tentative subreptice de son étranglement.
Nous n’avons toujours pas
compris, à l’heure actuelle, quel sera le statut du médecin secteur 2 (
qu’il soit médecin traitant ou médecin correspondant) dans le parcours
de soin . Aura t il des honoraires strictement opposables ?
2. Quant aux
dépassements prévus dans le parcours libre.
En pratique ni les
gynécologues, ni les anesthésistes ni même les chirurgiens en secteur 1
ne bénéficieront réellement du droit à dépassement autorisé
Pour la gynécologie,
les soins pouvant donner lieu à un accès spécifique sont :
- les examens cliniques gynécologiques périodiques, comprenant les actes
de dépistage, conformément aux référentiels scientifiques élaborés par
la Haute Autorité de Santé, :
c'est-à-dire le suivi de la ménopause et de la prévention du cancer...
- la prescription et le suivi d’une contraception conformément aux
référentiels scientifiques élaborés par la Haute Autorité,
...on y ajoute la contraception... le suivi des grossesses et la
grossesse
- l'interruption volontaire de grossesse médicamenteuse.
Que reste-t-il de la
gynécologie lorsqu'on a retiré la ménopause, le cancer, la
contraception, la grossesse, l'IVG médicamenteuse ?
rien. Donc les
gynécologues ne pourront quasiment jamais prendre de dépassements
d'honoraires.
Pour l’anesthésie,
Les patients ne vont pas voir un anesthésiste sans consultation
préalable d'un chirurgien ou d'un spécialiste de plateaux techniques,
l'anesthésiste interviendra toujours en secondaire , donc n'aura jamais
droit au dépassement.
Pour la chirurgie,
Les patients vont rarement voir un chirurgien sans consultation
préalable de leur médecin traitant sauf en cas d'urgence, mais l'urgence
reviendra dans le cadre du soin coordonné. Ceci est d'autant plus vrai
pour les chirurgiens de secteur 1 qui effectuent fréquemment une
chirurgie de proximité en relation directe avec leurs correspondants.
La limite de 30 % d'actes autorisés en dépassements ne sera pas atteinte
, loin de là.
Le secteur 1
chirurgical reste invivable.
II CONCERNANT LES
POINTS NON ACTÉS
1. L'accord du mois
d'août concernant les chirurgiens et notamment l'article 9, s’il
n’est pas acté dans la convention, et décliné dans la médecine
spécialisée dans son entier est perçu comme une mesure corporatiste avec
les conséquences qu’on peut imaginer.
2. La loi a voulu
prendre en compte certaines formes de demande sociale, concernant la
gynécologie, l’ ophtalmologie. excluant par exemple des secteurs comme
l’endocrinologie tout aussi importants; pour la psychiatrie les
questions restent largement en suspens avec une revalorisation
notoirement insuffisante proportionnellement aux autres spécialités...
Il faut maintenant se donner les moyens de ce geste politique et ne pas
le restreindre à certaines spécialités
Il ne s’agit pas de les pénaliser par des tarifs opposables alors même
qu’on les incite à satisfaire à une demande spécifique. Il appartient à
l’Assurance maladie de proposer une rémunération suffisante et de la
prendre en charge en totalité.
En ce qui concerne la pédiatrie qui est hors champ coordonné, nous ne
pourrons pas faire l’économie d’une actualisation de sa situation.
3. Le Dépassement exceptionnel (DE) doit figurer dans le texte
conventionnel pour tous les médecins, indépendamment des dépassements
autorisés.
4.De même que
l'élaboration d'un article concernant la PDS, notamment le montant
de l’astreinte pour le médecin généraliste libéral régulateur et/ou
effecteur sans oublier celle des spécialistes , le niveau de l’astreinte
et la déclinaison éventuelle de celle-ci en région avec des fonds non
conventionnels, comme toutes les missions de service public , ne figure
toujours pas dans le texte.
5.de même encore que le
problème de l’ASV n’est pas clairement posé.
6.Qu’en est-il également d’une prise en charge relative à
l‘informatisation des cabinets(acquisition de matériel, maintenance,
logiciel, télétransmission) ?
7.Enfin, bien que la
FMF n’ait jamais soutenu l’OMR (option médecin référent), elle
s’interroge sur sa disparition programmée et la non reconnaissance d’un
acquis social
Monsieur le directeur,
Ce n’est pas sans
stupéfaction que nous avons vu, au fil de nos discussions, l'UNCAM se
muer - par un encadrement tatillon des dépassements éventuels - en
défenseur des organismes complémentaires, alors même que la loi a ouvert
des espaces de négociations distincts. Ne s’agit-il pas de l’exemple
typique de dérive à laquelle il nous est donné d’assister ? Ne
dénature-t-on pas l’esprit de la loi, avec tous les dangers
d’incompréhension, d’actions, de recours que cela comporte ? La question
est légitimement posée. En tout état de cause, il nous apparaît
fondamental de rappeler que ce n’est pas ici, dans cette enceinte, que
l’on doit discuter de la partie et du montant des honoraires des
médecins libéraux que l’UNCAM ne rembourse pas. Nous prenons acte du
fait que l’Assurance maladie ne dispose que de ressources limitées, ce
qui est en soi un problème politique. Depuis un quart de siècle, la FMF
n’a cessé de le marteler :il faut ouvrir tout de suite des négociations
tripartites avec tous les organismes payeurs complémentaires et trouver
les ressources nécessaires à cette médecine de qualité que tout le monde
réclame.
La qualité du travail médical est expertisée par la CCAM technique et
bientôt clinique. La démarche d’amélioration continue de la qualité est
désormais inscrite dans la loi. Tous les payeurs éventuels disposent
désormais des instruments tant réclamés pour ne plus être des payeurs
aveugles. Leur silence actuel n’en est que plus troublant.
L’engagement des complémentaires est une exigence à la hauteur des
enjeux de la réforme. C’est à elles qu’il appartient de combler le
différentiel et non pas à l’Assurance maladie, sauf si, par les fruits
de la réforme, elle suffisait à assumer toute la charge d’une médecine
de qualité.
Monsieur le Directeur, qu’avez vous donc fait de la proposition de la
FMF de créer un seul secteur conventionnel (SUHM) ?
Comme vous le savez, cette proposition réaliste, simple, claire, lisible
par tous, médecins comme patients est accueillie favorablement, tous les
jours un peu plus par l’ensemble des médecins libéraux.
Pour conclure, je voudrais aborder un dernier point qui a fait
lever nombre de confrères ces dernières semaines. Je veux parler de
l’article 23 de la loi. Le rôle des CPL en ce qui concerne les
sanctions, et la nécessité de mise en place d’un d'appel suspensif pour
limiter le nombre de procédures devrait figurer dans la convention.
Monsieur le directeur général, le secrétaire d’Etat à l’Assurance
maladie, nous a répété que la réussite de la réforme ne pourrait
s’écrire qu’avec la médecine libérale. Il ne faut pas l’étrangler en
l’administrant à outrance. Ecrivons une convention pour l’avenir,
dépouillée des réflexes et des discours du passé.
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