Jeudi 6 Janvier 2005           

        Dr Jean-Claude Régi

   CONTACTS

 

TEMPETE ? DÉMOCRATIQUE AUTOUR DE LA SIGNATURE DE LA FMF

 


Dans sa déclaration du 15 décembre 2004, le président Jean-Claude Régi a souligné que la FMF s’était d’emblée inscrite dans une réforme de l’Assurance Maladie prônant un parcours de soins qualitatif au travers d’une coordination des soins et du développement d’une formation professionnelle pertinente.

Le projet de texte conventionnel proposé alors (renforcé le 22 décembre 2004) et les négociations qui s’en suivirent semblaient présenter des avancées notoires pour certains notamment en terme d’organisation et de revalorisations ;


Pour les généralistes :
- parcours de soins optionnel mais quasi obligatoire du fait de la pénalisation financière pour les patients hors parcours,
- C à 25 euro pour les nourrissons de 0 à 2 ans, favorisant plutôt les jeunes médecins,
- 40 euro/an par patient en ALD, favorisant plutôt les médecins installés de longue date
- injection de 60 millions d’euro dans la PDS (Permanence Des Soins).

Pour les spécialistes :
- parcours de soins optionnel avec majoration de coordination revalorisant le CS mais véritable filière de soins quasi-obligatoire pour les mêmes raisons que les généralistes.
- Accès spécifique pour certaines spécialités bénéficiant d’emblée de la majoration.
- Instauration d’une « liberté ? » tarifaire en dehors du parcours de soins coordonné.

L’aspect « à prendre ou à laisser » des négociations conventionnelles ne pouvait laisser personne indifférent et sûrement pas les responsables de la FMF qui, malgré leur isolement tout au long de ces négociations, sans relâche pointaient les contradictions du système dans ses fondements mêmes puisqu’en fin de compte le texte proposait ni plus ni moins :

- qu’une convention aux revenus médicaux conditionnés à des économies virtuelles ; comment intégrer une donnée contraire à l’éthique et à la déontologie ?

- aucune revalorisation du C du généraliste, en dehors de la majoration nourrissons et du forfait ALD, le seul moyen de se rémunérer étant toujours et encore la course à l’acte .

- un parcours de soins qui ressemble étrangement à un encadrement musclé des médecins et des patients, ne laissant aucune chance à une quelconque laxité et modulation des honoraires nécessaire à la survie et/ ou au développement d’une médecine de qualité pourtant tellement souhaitée . Aucune liberté tarifaire pour le généraliste et des dépassements plafonnés en montants et en pourcentage pour les spécialistes.

- qu’une perte supplémentaire d’indépendance et de liberté au coût d’achat modeste, avec des obligations de plus en plus nombreuses à la clé.

- qu’en fait un parcours de soins politique pur.

Sans relâche les responsables de la FMF se sont élevés contre le traditionnel lien honoraires médicaux- possibilités financières des caisses omniprésent dans les négociations des conventions antérieures.

Ce lien ,dans des conditions financières difficiles pour les caisses, entraîne la médecine et les médecins dans des dérives conventionnelles insupportables telles qu’aujourd’hui la liaison des honoraires médicaux aux économies virtuelles d’un système qualifié à bout de souffle.

Sans relâche, les responsables de la FMF ont souligné l’importance de la qualité des soins sur le terrain pour les généralistes autant que pour les spécialistes en terme de temps passé auprès du patient aussi bien qu’en terme d’investissement en matériel onéreux en fonction des avancées de la science.

Se couper de ces avancées en raison d’un lien de subordination financière aux caisses ou à des semblants d’économie, laissant penser que les médecins et les patients gâchent l’argent public, n’est pas de nature à engager la FMF dans une convention qui en fin de compte n’apporte rien de plus que la situation actuelle que tout le monde décrie sans véritablement la changer voire l’aggraver.

L’aspect « éviction » de tout syndicat non signataire dans la suite des négociations et au sein de toutes les instances décisionnelles ne peut laisser personne indifférent parmi les responsables de la FMF, attachés à la défense de la médecine libérale et conscients des embûches qui attendent les confrères.

NON, la FMF n’a pas signé en décembre un projet conventionnel qui ne respecte pas les médecins, ni leur dignité, ni leur formation, ni leur travail quotidien acharné sur le terrain.
NON, la FMF ne peut accepter que le parcours de soins tellement adulé ne représente en fin de compte qu’une course à l’acte de petite qualité de plus, entérinant pour les médecins une situation de boucs émissaires bien connue à présent par tous les confrères.

Aux médecins de base de se positionner à présent quant à leurs choix syndicaux et leur avenir professionnel.

La FMF quant à elle, analyse le texte conventionnel proposé le 23 décembre et prépare, en toute démocratie, son assemblée générale du 29 janvier 2005 afin que ses adhérents se positionnent sur la signature conventionnelle.

Bonne année et … Quelle santé ? pour tous.

 


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