|
Dans sa déclaration du 15 décembre 2004, le président Jean-Claude Régi a
souligné que la FMF s’était d’emblée inscrite dans une réforme de
l’Assurance Maladie prônant un parcours de soins qualitatif au travers
d’une coordination des soins et du développement d’une formation
professionnelle pertinente.
Le projet de texte conventionnel proposé alors (renforcé le 22 décembre
2004) et les négociations qui s’en suivirent semblaient présenter des
avancées notoires pour certains notamment en terme d’organisation et de
revalorisations ;
Pour les généralistes :
- parcours de soins optionnel mais quasi obligatoire du fait de la
pénalisation financière pour les patients hors parcours,
- C à 25 euro pour les nourrissons de 0 à 2 ans, favorisant plutôt les
jeunes médecins,
- 40 euro/an par patient en ALD, favorisant plutôt les médecins
installés de longue date
- injection de 60 millions d’euro dans la PDS (Permanence Des Soins).
Pour les spécialistes :
- parcours de soins optionnel avec majoration de coordination
revalorisant le CS mais véritable filière de soins quasi-obligatoire
pour les mêmes raisons que les généralistes.
- Accès spécifique pour certaines spécialités bénéficiant d’emblée de la
majoration.
- Instauration d’une « liberté ? » tarifaire en dehors du parcours de
soins coordonné.
L’aspect « à prendre ou à laisser » des négociations conventionnelles ne
pouvait laisser personne indifférent et sûrement pas les responsables de
la FMF qui, malgré leur isolement tout au long de ces négociations, sans
relâche pointaient les contradictions du système dans ses fondements
mêmes puisqu’en fin de compte le texte proposait ni plus ni moins :
- qu’une convention aux revenus médicaux conditionnés à des économies
virtuelles ; comment intégrer une donnée contraire à l’éthique et à la
déontologie ?
- aucune revalorisation du
C du généraliste, en dehors de la majoration nourrissons et du forfait
ALD, le seul moyen de se rémunérer étant toujours et encore la course à
l’acte .
- un parcours de soins qui
ressemble étrangement à un encadrement musclé des médecins et des
patients, ne laissant aucune chance à une quelconque laxité et
modulation des honoraires nécessaire à la survie et/ ou au développement
d’une médecine de qualité pourtant tellement souhaitée . Aucune liberté
tarifaire pour le généraliste et des dépassements plafonnés en montants
et en pourcentage pour les spécialistes.
- qu’une perte
supplémentaire d’indépendance et de liberté au coût d’achat modeste,
avec des obligations de plus en plus nombreuses à la clé.
- qu’en fait un parcours
de soins politique pur.
Sans relâche les responsables de la FMF se sont élevés contre le
traditionnel lien honoraires médicaux- possibilités financières des
caisses omniprésent dans les négociations des conventions antérieures.
Ce lien ,dans des
conditions financières difficiles pour les caisses, entraîne la médecine
et les médecins dans des dérives conventionnelles insupportables telles
qu’aujourd’hui la liaison des honoraires médicaux aux économies
virtuelles d’un système qualifié à bout de souffle.
Sans relâche, les
responsables de la FMF ont souligné l’importance de la qualité des soins
sur le terrain pour les généralistes autant que pour les spécialistes en
terme de temps passé auprès du patient aussi bien qu’en terme
d’investissement en matériel onéreux en fonction des avancées de la
science.
Se couper de ces avancées en raison d’un lien de subordination
financière aux caisses ou à des semblants d’économie, laissant penser
que les médecins et les patients gâchent l’argent public, n’est pas de
nature à engager la FMF dans une convention qui en fin de compte
n’apporte rien de plus que la situation actuelle que tout le monde
décrie sans véritablement la changer voire l’aggraver.
L’aspect « éviction » de tout syndicat non signataire dans la suite des
négociations et au sein de toutes les instances décisionnelles ne peut
laisser personne indifférent parmi les responsables de la FMF, attachés
à la défense de la médecine libérale et conscients des embûches qui
attendent les confrères.
NON, la FMF n’a pas signé en décembre un projet conventionnel qui ne
respecte pas les médecins, ni leur dignité, ni leur formation, ni leur
travail quotidien acharné sur le terrain.
NON, la FMF ne peut accepter que le parcours de soins tellement adulé ne
représente en fin de compte qu’une course à l’acte de petite qualité de
plus, entérinant pour les médecins une situation de boucs émissaires
bien connue à présent par tous les confrères.
Aux médecins de base de se positionner à présent quant à leurs choix
syndicaux et leur avenir professionnel.
La FMF quant à elle,
analyse le texte conventionnel proposé le 23 décembre et prépare, en
toute démocratie, son assemblée générale du 29 janvier 2005 afin que ses
adhérents se positionnent sur la signature conventionnelle.
Bonne année et … Quelle santé ? pour tous.
|