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Tiers-payant, le casse-tête des franchises pour l’assurance maladie

Publié le 31 juillet 2018, par Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP

Les CPAM se retrouvent confrontées au dilemme des franchises médicales : comment les récupérer quand il n’y a plus de remboursement en direction des patients ?
Pas d’autre solution que de les faire payer !

Quand il y a avait encore une C ou CS à 23 € cela permettait de « remettre régulièrement les compteurs à zéro » en prélevant les franchises et les patients de nous dire « je n’ai pas été remboursé de la dernière consultation, docteur ? » mais la volonté démagogique de mettre en place le tiers payant généralisé malgré tout par Marisol Touraine et mollement freiné par Agnès Buzin, a laissé les caisses face à cette problématique délicate et qui sera forcément impopulaire : RÉCLAMER AUX ASSURÉS SOCIAUX LE PAIEMENT DES FRANCHISES. Ce qui paraissait un « impôt indolore » à la manière de la TVA va se retrouver sous la lumière.

Les médecins auront beau jeu de déclarer : « on vous l’avait bien dit » ; c’est tellement impensable pour le patient pour qui TOUS les soins « doivent être gratuits » que celui qui a reçu le courrier de la CPAM de Lyon (voir en PJ) m’a demandé par mail s’il ne s’agissait pas d’un hoax ou d’une tentative de fishing !

Les responsables politiques avec démagogie ont réussi à inculquer cette notion de soins gratuits dans la pensée des français ; attention, je ne parle pas de ceux aux faibles ressources, des bénéficiaires de la CMU-C ou de l’ACS, mais de tout un chacun. Les français acceptent de payer leur forfait téléphonique ou internet mais pas leurs soins ! Et pourquoi pas le pain et les aliments de première nécessité gratuits ? Un ami me faisait alors cette remarque : « que demain le pain soit gratuit et on en retrouvera dans les poubelles ! » La gratuité ôte toute valeur et déresponsabilise celui qui en bénéficie. Le tiers payant intégral et généralisé n’est d’ailleurs pas souhaité par l’assurance maladie, mais seulement en discussion off - cela n’étant pas politiquement correct - et ce ne sera jamais une position officielle ! En revanche lors des contrôles ce sont bien les actes en tiers payant qui sont vérifiés en priorité.

Estimez-vous heureux ai-je répondu à ce patient, au départ il était question de prélever directement ces sommes sur votre compte bancaire ! Là ils ont la délicatesse de vous demander de payer, sous 1 mois quand même, et en remontant jusqu’à la genèse des franchises (2013).

A la réflexion j’hésite entre un retour aux origines de l’assurance maladie où existait le «  ticket modérateur  » censé motiver le patient à ne pas surconsommer des soins, et une pénalisation des plus fragiles, les patients les plus malades, victimes de ces franchises ?
Ce n’est que 50 € annuels de plus (et j’invite les assurés à quand même vérifier), mais en plein été, comme si la mesure gênait tellement qu’il fallait la dissimuler, la faire passer en catimini, venant après une série impressionnante de hausses depuis le début de l’année, la pénalisation des retraités avec la CSG, cela fait vraiment désordre !

Et les politiques de s’étonner que la croissance espérée pour 2018 stagne ? L’INSEE prévoyait 2%, mais après un 2è trimestre identique au 1er à 0,2%, un chômage chroniquement à la hausse, la France devrait péniblement dépasser les 1%.
Ne dit-on pas que trop d’impôts tue l’impôt ?


Il ne faut pas sortir de l’ENA pour se rendre compte que tous les prélèvements qui sont faits dans le porte-monnaie des français n’iront pas alimenter la consommation !

Dr Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP, FMF, Lyon 3è

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